Pierre-papier : une stabilisation dans un marché encore contraint

L’Association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM) et l’Institut de l’Épargne Immobilière et Foncière (IEIF) publient les statistiques de souscriptions et de performance des SCPI, OPCI grand public et sociétés civiles en unités de compte immobilières au premier semestre 2026.


SCPI : une collecte qui se stabilise à un niveau soutenu


Collecte brute : 2,7 milliards d’euros au premier semestre 2026

Au premier semestre 2026, la collecte brute des SCPI totalise 2,7 milliards d’euros, soit une hausse de 2,6 % par rapport à la même période de 2025.


Elle s’établit à 1,3 milliard d’euros au deuxième trimestre, contre 1,4 milliard d’euros au cours des trois premiers mois de l’année. Ce niveau correspond à un repli limité de 5,1 % en variation trimestrielle et de 1,6 % par rapport au deuxième trimestre 2025. Cette évolution traduit notamment une normalisation des souscriptions des SCPI diversifiées, après plusieurs trimestres de forte progression. Sur douze mois glissants, la collecte brute se stabilise ainsi autour d’un rythme annualisé de 5,6 milliards d’euros, proche du niveau enregistré en 2018, avant le cycle d’expansion particulièrement soutenu observé entre 2019 et 2022.


Il faut par ailleurs souligner le renouvellement de l’offre, porté par plusieurs projets de création de SCPI1.

La dynamique de collecte brute au premier semestre reste nettement concentrée sur les SCPI à stratégie « diversifiée » (70,9 %), suivies par les SCPI à prépondérance « bureaux » (21,5 %), puis « logistique et locaux d’activité » (2,6 %), « santé et éducation » (2,4 %), « commerces » (1,3 %), « résidentiel » (0,8 %) et « hôtels, tourisme et loisirs » (0,5 %).

 

Collecte nette : 2,2 milliards d’euros au premier semestre 2026, +2,5 % sur un an

 

Au premier semestre 2026, la collecte nette des SCPI totalise 2,2 milliards d’euros, en hausse de 2,5 % par rapport au premier semestre 2025.


La collecte nette des SCPI a toutefois ralenti au deuxième trimestre 2026, pour s’établir à 1,1 milliard d’euros, contre 1,2 milliard d’euros au cours des trois premiers mois de l’année, soit un recul de 7,4 % en variation trimestrielle et de 4,6 % par rapport au deuxième trimestre 2025.


Le marché secondaire reste actif : le volume des demandes de rachat compensées et des parts échangées atteint 489 millions d’euros au cours du semestre, soit 18 % de la collecte brute semestrielle et une hausse de 3 % par rapport au premier semestre 2025.


Parts en attente : une baisse de 31 %, liée aux suspensions temporaires de variabilité


Au 30 juin 2026, la valeur des parts en attente s’élève à 1,9 milliard d’euros, soit 2,2 % de la capitalisation du marché. Elle diminue de 31 % depuis le 31 décembre 2025, ce qui représente une baisse d’environ 870 millions d’euros.


Cette diminution recouvre toutefois des évolutions très contrastées. Pour les onze SCPI ayant suspendu temporairement la variabilité de leur capital depuis le début de l’année 2026, représentant environ 12 % de la capitalisation totale du marché au 30 juin, la valeur des parts en attente a reculé d’environ 1,2 milliard d’euros. Ce recul résulte intégralement de la réinitialisation de leurs carnets d’ordres et de la mise en place de marchés secondaires, sur lesquels les parts sont réinscrites aux prix constatés.


À l’inverse, la valeur des parts en attente des SCPI demeurées à capital variable a continué de progresser, à hauteur d’environ 330 millions d’euros depuis le début de l’année. La diminution globale du stock de parts en attente ne traduit donc pas, à elle seule, une amélioration générale des conditions de liquidité.

 

Taux de distribution : 2,30 % au premier semestre

Rapporté aux prix de référence au 1er janvier 2026, le taux de distribution pondéré par la capitalisation, toutes catégories confondues, s’établit à 2,30 % au premier semestre 2026, un niveau globalement stable par rapport au premier semestre 2025 (2,29 %).


Cette stabilité globale du taux de distribution s’accompagne toutefois d’évolutions contrastées des acomptes versés par les SCPI. Pondéré par la capitalisation, l’acompte moyen versé au premier semestre recule de 7 % par rapport au premier semestre 2025.


En nombre, 47 % des SCPI ont maintenu ou augmenté leur acompte semestriel par part. Parmi elles, un peu plus de la moitié l’ont relevé, de 8 % en moyenne2.


À l’inverse, 53 % des SCPI ont réduit leur distribution, avec une baisse moyenne de l’ordre de 14 %3..


Pour certaines SCPI, notamment les plus exposées au marché des bureaux franciliens, ces baisses reflètent des difficultés locatives — départs de locataires, renégociations de loyers à la baisse — qui se traduisent par une diminution des loyers encaissés.

 

Valeur des parts : stabilité pour les SCPI à capital variable, ajustements marqués pour les SCPI à capital fixe

Au premier semestre 2026, le prix de part moyen de l’ensemble des SCPI, pondéré par la capitalisation, diminue ainsi de 2,4 %. Cette moyenne masque deux réalités différentes.


Le prix de part moyen des SCPI à capital variable, pondéré par la capitalisation, est resté stable. Cette stabilité s’accompagne d’un nombre très réduit de modifications de prix au premier semestre : une seule SCPI a diminué son prix de souscription, tandis que cinq l’ont augmenté.


Pour les SCPI à capital fixe, les prix fixés par confrontation font apparaître des ajustements plus marqués : 14 baisses et 4 hausses ont été enregistrées au cours du semestre. Le prix moyen de ce segment, pondéré par la capitalisation, ressort ainsi en repli de 33 % depuis le début de l’année.


Au 30 juin 2026, la capitalisation des SCPI s’établit à 86 milliards d’euros, en baisse de 3 % sur un trimestre et de 1 % sur un an.


OPCI grand public : une décollecte en nette atténuation


Au premier semestre, les OPCI grand public ont enregistré une décollecte de 337 millions d’euros, en recul de 53 % par rapport au second semestre 2025 et de 42 % par rapport au premier semestre 2025.

La décollecte a très fortement ralenti au deuxième trimestre, pour s’établir à 63 millions d’euros, contre 274 millions d’euros au cours des trois premiers mois de l’année. Cette amélioration reste toutefois fragile, puisque la quasi-totalité des véhicules demeurent en décollecte ou affichent une collecte nulle au deuxième trimestre.


Au premier semestre, la performance globale des OPCI grand public s’établit à 0,0 %.

Au 30 juin 2026, l’actif net des OPCI grand public s’établit à 10,5 milliards d’euros, en recul de 3 % sur un trimestre et de 11 % sur un an.


Sociétés civiles : une décollecte moins marquée et des performances très contrastées


Au premier semestre 2026, les sociétés civiles en unités de compte immobilières ont enregistré une décollecte de 265 millions d’euros. Ce montant est en baisse de 45 % par rapport au second semestre 2025, mais représente plus du double de la décollecte observée au premier semestre 2025, qui s’élevait à 101 millions d’euros.


La décollecte s’est modérée au deuxième trimestre, pour s’établir à 104 millions d’euros, contre 160 millions d’euros au cours des trois premiers mois de l’année, soit une diminution de 35 % d’un trimestre à l’autre.


Au premier semestre, leur performance globale s’établit à −1,6 %, contre −0,5 % à la fin du premier trimestre 2026. La moyenne du marché recouvre toutefois des performances très hétérogènes selon les véhicules.


Au 30 juin 2026, l’actif net des sociétés civiles en unités de compte immobilières s’établit à 20,3 milliards d’euros, en recul de 2 % sur un trimestre et de 5,5 % sur un an.

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