Le Cac 40 a perdu près de 10% en 2022, une année semée d'embûches
Les confettis ne sont pas de sortie pour la dernière séance de 2022. Le Cac 40 a abandonné 1,52%, à 6.473,76 points et dans un volume d’affaires limité de 1,93 milliard d’euros. Aucune de ses composantes n’a terminé dans le vert. Sur l’année, l’indice phare de la Bourse de Paris a cédé 9,75%. Cela constitue son recul le plus important depuis 2018, année au terme de laquelle il avait perdu 10,9%. Il faut dire que la conjoncture a été difficile pour les marchés, qui portent les stigmates des resserrements successifs des taux directeurs par les banques centrales pour juguler l’inflation dans un contexte de guerre en Ukraine et de la politique du zéro Covid menée par la Chine.
Londres et Lisbonne dans le vert
Parmi les grands perdants du jour à Paris figure le luxe, un secteur exposé à la demande chinoise et qui tire l’ensemble vers le bas en cette dernière séance de l’année. Hermès a accusé le second plus fort repli (-2,7%) de l’indice phare parisien, derrière Michelin (-3%), tandis que LVMH et Kering se sont inscrits dans une même tendance (-2,4% et -1,5%). En dehors du Cac 40, AB Science a enregistré la meilleure performance du jour. Le groupe pharmaceutique a gagné 5,7%, après que les autorités de santé américaines l’ont autorisé à initier l’étude de phase III pour l’utilisation du masitinib dans le traitement de la sclérose en plaque.
A Londres, où la Bourse a fermé ses portes à 13h30, le Footsie – fortement pondéré en valeurs pétrolières et minières – a tiré son épingle du jeu avec un gain de 0,91% en 2022. A la clôture à Paris, Wall Street était orienté à la baisse. Le Dow Jones cédait 0,7%, le S&P 500 0,8% et le Nasdaq Composite 0,9%. Ce qui porte, à cette heure, leurs pertes annuelles respectives à 9,9%, 20,4% et 9,5%. En Asie, le Nikkei 225 japonais, le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong et le CSI 300 chinois ont bouclé 2022 sur des pertes annuelles de respectivement 11%, 15% et 21%. A noter, par ailleurs, que l’indice phare de la Bourse de Lisbonne (Portugal), le PSI 20, est le seul de la zone euro à terminer dans le vert. Il a gagné 2,8%.
« L’ère de l’argent facile est terminée »
Plus généralement, l’indice mondial MSCI World accuse un recul de près de 20% cette année, du jamais vu depuis 2008 et la crise financière. Les obligations ont chuté de 16%, sous le coup du durcissement général des politiques monétaires. Le rendement de l’emprunt obligataire américain finit l’année au-dessus de 3,87%, à comparer à un niveau de 1,5% fin 2021 alors que le taux des Fed funds est passé d’une fourchette de 0%-0,25% en mars à 4,25%-4,5% en décembre. « L’événement le plus important de l’année est que l’ère de l’agent facile est terminée, et terminée pour de bon. Cela signifie que les marchés financiers ne ressembleront plus à ce que nous avons connu depuis la crise des subprimes », relève dans une note Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.
La guerre en Ukraine a entraîné une hausse des prix de l’énergie et des matières premières, tandis que l’abandon récent de la politique zéro Covid en Chine fait craindre une résurgence de la pandémie. De plus, un redémarrage de l’économie chinoise aurait pour effet de renforcer les pressions inflationnistes en renchérissant les cours du pétrole et des autres matières premières dont la Chine est un des premiers consommateurs mondiaux, avec pour corolaire un nouveau renchérissement du loyer de l’argent par les banques centrales. « Nous pouvons mettre 2022 derrière nous, mais les difficultés pourraient se prolonger quelques mois le temps que la Fed livre bataille contre l’inflation. Une récession légère pourrait aider à préparer les actions à une meilleure seconde moitié d’année », a expliqué Art Hogan, stratégiste marché au cabinet B. Riley Wealth.
Les matières premières en pole position, la tech en queue de peloton
Les matières premières sont les seules à tirer leur épingle du jeu sur le plan sectoriel cette année. Le Stoxx 600 du pétrole-gaz a ainsi gagné 29%. TotalEnergies s’est adjugé 30,6%, BP et Shell plus de 35%.
La guerre en Ukraine a par ailleurs profité aux valeurs de défense, Thales signant la meilleure performance du Cac 40 avec une progression de 57,3%.
Les valeurs de croissance, et notamment les technologiques affichent des bilans négatifs, le Stoxx 600 associé pliant de 28% sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt. Dassault Systèmes aainsi abandonné 33,9% sur l’année, Teleperformance 43,7%. Les Gafam ont, eux aussi, accusé un sévère recul. Microsoft, Amazon et Meta ont respectivement dégringolé de 28,7%, 51,3% et 64,9%. Même Apple, qui fait traditionnellement office de valeur refuge, a vu son titre abandonner 29,4% sur la période.
A noter que le secteur de la distribution a aussi souffert, la flambée de l’inflation ayant poussé les consommateurs à privilégier les produits bon marché, et notamment les marques de distributeur au détriment des produits à plus forte marge. Si Carrefour n'a cédé que 2,3%, Casino a chuté de plus de 58% sur l’année.
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